Droit du crédit CP

Droit du crédit CP - M2S2

Droit du crédit CP - M2S2


V. D'o.
Ces fiches explorent les mécanismes du crédit immobilier, analysant les pratiques bancaires et les protections des emprunteurs à travers des cas concrets. Elles détaillent les clauses abusives, les obligations des parties, les recours en cas de litige et les enjeux liés à l'assurance emprunteur. Destinées aux étudiants en droit, ces fiches offrent une vision pratique des contentieux liés aux prêts, utiles pour comprendre les droits des consommateurs et les limites imposées aux établissements financiers.
Karten
35
Lernende
1
Sprache
Französisch
Kategorie
Recht
Stufe
Universität
Erstellt / Aktualisiert
27.05.2026 / 27.05.2026

Lernkarten

Cas pratique n° 1 – Le cautionnement du conjoint

Contexte : M. et Mme Dupont sont mariés sous le régime de la communauté légale. M. Dupont souhaite obtenir un prêt immobilier de 250 000 € pour financer l'acquisition d'un local commercial destiné à son activité d'artisan. La banque exige que son épouse se porte caution solidaire. Mme Dupont, qui n'exerce pas d'activité professionnelle, accepte.

Question 1 – Formalités de validité du cautionnement

La validité du cautionnement de Mme Dupont est subordonnée aux conditions suivantes :

•Nature de l'acte : le cautionnement peut être reçu en la forme authentique (acte notarié) ou sous seing privé (SSP). La forme choisie conditionne l'étendue des obligations formelles.

•Mention manuscrite (si SSP) : conformément à l'article 2297 du Code civil, la caution doit apposer de sa main une mention précisant le montant de la dette, en chiffres et en lettres, ainsi que la nature de son engagement et les garanties consenties.

•Information précontractuelle : la banque doit remettre à Mme Dupont une fiche d'information standardisée européenne (FISE), équivalente à celle remise à l'emprunteur principal, afin qu'elle appréhende les risques de son engagement.

•Consentement exprès du conjoint pour les biens communs : les biens communs du couple ne sont engagés qu'à la condition que Mme Dupont y ait expressément consenti. À défaut, seuls ses biens propres et ses revenus peuvent être saisis.

Cas pratique n° 1 – Le cautionnement du conjoint

Contexte : M. et Mme Dupont sont mariés sous le régime de la communauté légale. M. Dupont souhaite obtenir un prêt immobilier de 250 000 € pour financer l'acquisition d'un local commercial destiné à son activité d'artisan. La banque exige que son épouse se porte caution solidaire. Mme Dupont, qui n'exerce pas d'activité professionnelle, accepte.

Question 2 – Moyens de défense de Mme Dupont

En cas de mise en jeu du cautionnement par la banque, Mme Dupont peut invoquer plusieurs moyens de défense :

•Manquement au devoir de mise en garde : si la banque ne l'a pas avertie des risques d'un engagement disproportionné à ses facultés contributives, sa responsabilité est engagée.

•Disproportion de l'engagement : si le montant cautionné excède manifestement les capacités financières de Mme Dupont au moment de la signature, le cautionnement peut être réduit ou annulé.

•Défaut d'information annuelle : la banque a l'obligation d'informer la caution, chaque année, du montant du capital restant dû. Le non-respect de cette obligation prive la banque des intérêts et pénalités échus depuis la dernière information.

•Vice du consentement : une erreur, un dol ou une violence ayant vicié le consentement de Mme Dupont lors de la signature constitue une cause de nullité relative de l'acte de cautionnement.

Cas pratique n° 1 – Le cautionnement du conjoint

Contexte : M. et Mme Dupont sont mariés sous le régime de la communauté légale. M. Dupont souhaite obtenir un prêt immobilier de 250 000 € pour financer l'acquisition d'un local commercial destiné à son activité d'artisan. La banque exige que son épouse se porte caution solidaire. Mme Dupont, qui n'exerce pas d'activité professionnelle, accepte.

Question 3 – Responsabilité du notaire

La responsabilité du notaire dépend de la forme de l'acte :

•Acte sous seing privé : le notaire ayant reçu l'acte de prêt a une obligation de conseil renforcée envers les parties. Il engage sa responsabilité s'il n'a pas attiré l'attention de Mme Dupont sur la portée et les risques de son engagement.

•Acte authentique : en sus du devoir de conseil, le notaire peut voir sa responsabilité engagée pour avoir instrumenté un acte inutile ou préjudiciable, notamment s'il n'a pas vérifié la proportionnalité de l'engagement au regard des revenus et du patrimoine de la caution.

Cas pratique n° 2 – Remboursement anticipé et indemnités

Contexte : M. et Mme Martin ont souscrit en 2021 un crédit immobilier à taux fixe de 1,8 % sur 20 ans pour l'achat de leur résidence principale. En 2025, suite à un héritage, ils souhaitent rembourser par anticipation la totalité du capital restant dû.

Question 1 – La banque peut-elle refuser le remboursement anticipé ?

Non. La banque ne peut légalement pas s'opposer à un remboursement anticipé. Toutefois, la loi impose un montant minimum de remboursement partiel correspondant à 10 % du capital emprunté initialement, sauf à rembourser la totalité.

Cas pratique n° 2 – Remboursement anticipé et indemnités

Contexte : M. et Mme Martin ont souscrit en 2021 un crédit immobilier à taux fixe de 1,8 % sur 20 ans pour l'achat de leur résidence principale. En 2025, suite à un héritage, ils souhaitent rembourser par anticipation la totalité du capital restant dû.

Question 2 – Indemnités légalement exigibles

La banque peut réclamer une indemnité de remboursement anticipé (IRA), plafonnée par l'article R. 313-25 du Code de la consommation au plus faible des deux montants suivants :

•Six mois d'intérêts sur le capital remboursé, au taux moyen du prêt ;

•3 % du capital restant dû avant remboursement.

Cas pratique n° 2 – Remboursement anticipé et indemnités

Contexte : M. et Mme Martin ont souscrit en 2021 un crédit immobilier à taux fixe de 1,8 % sur 20 ans pour l'achat de leur résidence principale. En 2025, suite à un héritage, ils souhaitent rembourser par anticipation la totalité du capital restant dû.

Question 3 – Sort de l'assurance emprunteur

L'assurance emprunteur ne peut pas être résiliée à tout moment sans condition, mais peut être substituée par un contrat équivalent à tout moment depuis la loi Lemoine de 2022. Cette faculté de substitution est particulièrement utile en cas de remboursement anticipé partiel, permettant d'ajuster la couverture au capital résiduel.

Cas pratique n° 2 – Remboursement anticipé et indemnités

Contexte : M. et Mme Martin ont souscrit en 2021 un crédit immobilier à taux fixe de 1,8 % sur 20 ans pour l'achat de leur résidence principale. En 2025, suite à un héritage, ils souhaitent rembourser par anticipation la totalité du capital restant dû.

Question 4 – Validité d'une clause prévoyant 5 % d'IRA

Une telle clause est illégale. Le Code de la consommation fixe impérativement le plafond à 3 % du capital restant dû. Toute clause contractuelle prévoyant un taux supérieur est réputée non écrite, sans que cela n'affecte la validité du reste du contrat.

Cas pratique n° 2 (suite) – Erreur dans le calcul du TEG

Contexte : Les époux Bonnet ont contracté un prêt immobilier en 2022. Trois ans plus tard, ils découvrent que le Taux Effectif Global (TEG) mentionné dans l'offre de prêt est sous-évalué de 0,7 point par rapport au taux réel.

Question 1 – Conséquences juridiques de l'erreur

L'erreur affectant le TEG entraîne plusieurs conséquences :

•Manquement à l'obligation d'information précontractuelle de la banque.

•Risque de caractérisation d'un taux usuraire si le taux réel dépasse le taux de l'usure applicable (ce qui n'est pas certain en l'espèce).

•Intégration incorrecte des frais composant le TEG : intérêts, assurance, frais de dossier, frais de prise de garantie. Tout élément omis fausse le calcul et engage la responsabilité de la banque.

Cas pratique n° 2 (suite) – Erreur dans le calcul du TEG

Contexte : Les époux Bonnet ont contracté un prêt immobilier en 2022. Trois ans plus tard, ils découvrent que le Taux Effectif Global (TEG) mentionné dans l'offre de prêt est sous-évalué de 0,7 point par rapport au taux réel.

Question 2 – Délai de prescription

L'action se prescrit par cinq ans à compter du jour où les emprunteurs ont découvert l'erreur affectant le TEG (prescription de droit commun, article 2224 du Code civil).

Cas pratique n° 2 (suite) – Erreur dans le calcul du TEG

Contexte : Les époux Bonnet ont contracté un prêt immobilier en 2022. Trois ans plus tard, ils découvrent que le Taux Effectif Global (TEG) mentionné dans l'offre de prêt est sous-évalué de 0,7 point par rapport au taux réel.

Question 3 – Juridiction compétente

Le Tribunal judiciaire (TJ) du domicile du défendeur (la banque) est compétent pour connaître de ce litige, s'agissant d'un contrat conclu entre un professionnel et des consommateurs.

Cas pratique n° 2 (suite) – Erreur dans le calcul du TEG

Contexte : Les époux Bonnet ont contracté un prêt immobilier en 2022. Trois ans plus tard, ils découvrent que le Taux Effectif Global (TEG) mentionné dans l'offre de prêt est sous-évalué de 0,7 point par rapport au taux réel.

Question 4 – Sanction prononcée

Si l'erreur est établie, le tribunal peut prononcer :

•La déchéance du droit aux intérêts : les intérêts perçus au-delà du taux légal peuvent être récupérés rétroactivement par les emprunteurs.

•La substitution du taux conventionnel par le taux d'intérêt légal.

•Des dommages et intérêts si le préjudice est significatif et établi.

Cas pratique n° 2 (suite) – Erreur dans le calcul du TEG

Contexte : Les époux Bonnet ont contracté un prêt immobilier en 2022. Trois ans plus tard, ils découvrent que le Taux Effectif Global (TEG) mentionné dans l'offre de prêt est sous-évalué de 0,7 point par rapport au taux réel.

Question 5 – Responsabilité du notaire

En principe, le notaire n'est pas tenu de vérifier l'exactitude arithmétique du TEG calculé par la banque. Sa responsabilité ne saurait être engagée que dans deux hypothèses :

•Le taux est manifestement usuraire au regard des taux en vigueur à la date de l'acte.

•Le TEG est identique au taux nominal alors que le contrat comporte des assurances obligatoires et des frais de garantie, ce qui révèle une erreur manifeste que le notaire ne pouvait ignorer.

Cas pratique n° 5 – Prêt immobilier et divorce

Contexte : M. et Mme Leroy, mariés sous le régime de la séparation de biens, ont acquis leur résidence principale en 2020, financée par un prêt souscrit conjointement et solidairement. En 2025, leur convention de divorce homologuée attribue le bien à Mme Leroy, qui s'engage à assumer seule le remboursement.

 

Question 1 – La banque est-elle liée par la convention de divorce ?

Non. En application du principe de l'effet relatif des contrats (article 1199 du Code civil), la convention de divorce ne produit d'effets qu'entre les époux. La banque, tiers au divorce, reste créancière de M. et Mme Leroy solidairement, et ne peut être privée de son droit d'action contre M. Leroy sans son accord exprès. Une désolidarisation doit être expressément demandée et acceptée par la banque.

Cas pratique n° 5 – Prêt immobilier et divorce

Contexte : M. et Mme Leroy, mariés sous le régime de la séparation de biens, ont acquis leur résidence principale en 2020, financée par un prêt souscrit conjointement et solidairement. En 2025, leur convention de divorce homologuée attribue le bien à Mme Leroy, qui s'engage à assumer seule le remboursement.

Question 2 – Solutions pour désolidariser M. Leroy

•Novation par changement de débiteur : la banque accepte de substituer Mme Leroy seule à la dette commune, libérant définitivement M. Leroy. La banque reste libre d'accepter ou de refuser.

•Désolidarisation conventionnelle : accord tripartite entre M. Leroy, Mme Leroy et la banque, aux termes duquel M. Leroy est déchargé de toute obligation future.

•Vente du bien : le produit de la vente permet le remboursement intégral du prêt, mettant fin à l'engagement solidaire des deux emprunteurs.

Cas pratique n° 5 – Prêt immobilier et divorce

Contexte : M. et Mme Leroy, mariés sous le régime de la séparation de biens, ont acquis leur résidence principale en 2020, financée par un prêt souscrit conjointement et solidairement. En 2025, leur convention de divorce homologuée attribue le bien à Mme Leroy, qui s'engage à assumer seule le remboursement.

Question 3 – Situation de M. Leroy en cas de défaillance de Mme Leroy

En l'absence de désolidarisation, M. Leroy demeure solidairement tenu de la totalité du capital restant dû. En cas de déchéance du terme prononcée par la banque, les conséquences pour M. Leroy sont les suivantes :

•Mise en demeure et poursuite pour la totalité des sommes dues.

•Inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP), avec les répercussions que cela implique sur sa capacité d'emprunt future.

Cas pratique n° 5 – Prêt immobilier et divorce

Contexte : M. et Mme Leroy, mariés sous le régime de la séparation de biens, ont acquis leur résidence principale en 2020, financée par un prêt souscrit conjointement et solidairement. En 2025, leur convention de divorce homologuée attribue le bien à Mme Leroy, qui s'engage à assumer seule le remboursement.

Question 4 – Conseils du notaire

Le notaire intervenant dans la rédaction de la convention de divorce ou dans l'acte de liquidation du régime matrimonial doit attirer l'attention des parties en amont sur les points suivants :

•Rappeler l'absence d'opposabilité de la convention à la banque et la nécessité d'obtenir son accord pour toute désolidarisation.

•Conseiller d'engager les démarches auprès de la banque préalablement à l'homologation, afin d'éviter que M. Leroy ne reste exposé indéfiniment à une dette dont il n'est plus économiquement responsable.

•Suggérer, à défaut d'accord bancaire, d'envisager la vente du bien ou un rachat de crédit au nom de Mme Leroy seule.

Cas pratique n° 5 – Garanties et hypothèques

Contexte : M. Petit sollicite un prêt immobilier. La banque lui propose le choix entre une hypothèque conventionnelle sur le bien acquis et un cautionnement par un organisme spécialisé (CAMCA, Crédit Logement, etc.).

Question 1 – Comparaison des deux garanties

Les deux garanties présentent des coûts initiaux comparables. La différence principale porte sur les frais en fin de vie du crédit :

•Hypothèque conventionnelle : frais de mainlevée obligatoires en cas de remboursement anticipé ou de vente avant le terme, représentant environ 0,5 à 1 % du capital emprunté. Elle fait l'objet d'une inscription au service de la publicité foncière.

•Cautionnement par organisme spécialisé : pas de frais de mainlevée. Une partie de la commission versée à l'organisme peut être restituée à l'emprunteur si le prêt se déroule sans incident. Procédure de mise en jeu plus souple.

Cas pratique n° 5 – Garanties et hypothèques

Contexte : M. Petit sollicite un prêt immobilier. La banque lui propose le choix entre une hypothèque conventionnelle sur le bien acquis et un cautionnement par un organisme spécialisé (CAMCA, Crédit Logement, etc.).

Question 2 – Implications notariales en cas de vente avant le terme

Si M. Petit a opté pour l'hypothèque et revend le bien avant l'échéance du prêt, les implications notariales sont les suivantes :

•L'état hypothécaire (EH) du bien doit être vérifié avant la vente.

•Le prêt doit être remboursé sur le prix de vente, et la mainlevée de l'hypothèque doit être donnée par la banque créancière.

•Les frais de mainlevée (acte notarié, publicité foncière) sont à la charge du vendeur.

Cas pratique n° 5 – Garanties et hypothèques

Contexte : M. Petit sollicite un prêt immobilier. La banque lui propose le choix entre une hypothèque conventionnelle sur le bien acquis et un cautionnement par un organisme spécialisé (CAMCA, Crédit Logement, etc.).

Question 3 – Incidence du décès en cours de prêt

En cas de décès de M. Petit :

•Si une assurance décès-invalidité (ADI) a été souscrite, elle rembourse le capital restant dû à la banque. La garantie (hypothèque ou caution) ne produit alors aucun effet.

•Si aucune assurance n'est en place ou si le sinistre est exclu, la garantie retrouve toute son utilité : la banque actionne l'hypothèque ou la caution selon la garantie retenue.

Cas pratique n° 5 – Garanties et hypothèques

Contexte : M. Petit sollicite un prêt immobilier. La banque lui propose le choix entre une hypothèque conventionnelle sur le bien acquis et un cautionnement par un organisme spécialisé (CAMCA, Crédit Logement, etc.).

Question 4 – Cumul hypothèque et cautionnement

Le cumul est légalement possible. Toutefois, il peut être qualifié de garantie disproportionnée au regard des exigences de la jurisprudence sur l'abus de droit ou l'absence de cause. La banque s'exposerait à un risque de sanction si ce cumul ne se justifie pas par la situation financière particulière de l'emprunteur.

Cas pratique n° 6 – Crédit immobilier et SCI familiale

Contexte : Les époux Moreau et leurs deux enfants majeurs constituent une SCI familiale pour acquérir un immeuble de rapport. La SCI sollicite un prêt bancaire pour financer l'acquisition.

 

Question 1 – Garanties personnelles des associés

La banque peut légitimement exiger des garanties personnelles des associés, notamment :

•Un cautionnement personnel de chaque associé, solidaire ou non, à hauteur de leur quote-part dans le capital social ou au-delà.

•Un cautionnement hypothécaire sur des biens propres des associés.

Cas pratique n° 6 – Crédit immobilier et SCI familiale

Contexte : Les époux Moreau et leurs deux enfants majeurs constituent une SCI familiale pour acquérir un immeuble de rapport. La SCI sollicite un prêt bancaire pour financer l'acquisition.

 

Question 2 – Précautions lors de la rédaction des statuts

Le notaire doit veiller aux points suivants :

•Objet social : l'emprunt doit être expressément visé dans l'objet social de la SCI, faute de quoi l'acte pourrait être inopposable à la société.

•Pouvoirs du gérant : les statuts doivent préciser si le gérant peut emprunter seul ou si une délibération préalable des associés est requise (en fixant, le cas échéant, un seuil au-delà duquel l'assemblée doit se prononcer).

•Délibération : pour les emprunts importants, une décision d'assemblée générale des associés doit être formalisée et annexée à l'acte de prêt.

Cas pratique n° 6 – Crédit immobilier et SCI familiale

Contexte : Les époux Moreau et leurs deux enfants majeurs constituent une SCI familiale pour acquérir un immeuble de rapport. La SCI sollicite un prêt bancaire pour financer l'acquisition.

Question 3 – Cession de parts en cours de prêt

En cas de cession de parts d'un associé :

•La banque doit être informée du changement dans la composition de l'actionnariat, même si c'est la SCI qui emprunte.

•Si l'associé cédant s'était porté caution personnelle, une désolidarisation doit être négociée avec la banque. Le cessionnaire devra, le cas échéant, reprendre les engagements de caution à sa charge.

Cas pratique n° 6 – Crédit immobilier et SCI familiale

Contexte : Les époux Moreau et leurs deux enfants majeurs constituent une SCI familiale pour acquérir un immeuble de rapport. La SCI sollicite un prêt bancaire pour financer l'acquisition.

Question 4 – Saisie des biens personnels des associés

Les associés d'une SCI sont responsables indéfiniment et proportionnellement (et non solidairement, sauf clause contraire) des dettes sociales. En cas de défaillance de la SCI :

•La banque peut poursuivre les associés sur leurs biens personnels, à proportion de leurs parts dans le capital social.

•Si des cautions solidaires ont été consenties, la responsabilité est totale et non plafonnée à la quote-part.

•Le cessionnaire de parts doit impérativement être informé de l'étendue de sa responsabilité potentielle avant toute acquisition de parts.

Cas pratique n° 9 – Défaut d'assurance et résiliation du prêt

Contexte : M. Bernard a obtenu un prêt immobilier pour l'achat de sa résidence principale. Deux ans après, il résilie son assurance emprunteur sans avoir préalablement souscrit une nouvelle couverture, créant une période de vacance assurantielle.

Question 1 – Droit de la banque à exiger le remboursement immédiat

Oui, si le contrat de prêt contient une clause rendant l'assurance obligatoire pendant toute sa durée. La vacance assurantielle constitue alors un manquement contractuel susceptible de justifier la déchéance du terme, entraînant l'exigibilité immédiate du capital restant dû.

Cas pratique n° 9 – Défaut d'assurance et résiliation du prêt

Contexte : M. Bernard a obtenu un prêt immobilier pour l'achat de sa résidence principale. Deux ans après, il résilie son assurance emprunteur sans avoir préalablement souscrit une nouvelle couverture, créant une période de vacance assurantielle.

Question 2 – Étapes préalables à respecter par la banque

Avant de prononcer la déchéance du terme, la banque doit :

•Adresser à M. Bernard une mise en demeure formelle, mentionnant le manquement constaté, les conséquences encourues, et lui impartissant un délai pour régulariser sa situation.

•Laisser à l'emprunteur la possibilité de remédier au défaut avant toute mesure coercitive.

Cas pratique n° 9 – Défaut d'assurance et résiliation du prêt

Contexte : M. Bernard a obtenu un prêt immobilier pour l'achat de sa résidence principale. Deux ans après, il résilie son assurance emprunteur sans avoir préalablement souscrit une nouvelle couverture, créant une période de vacance assurantielle.

Question 3 – Délai de régularisation

Un délai minimum de 30 jours doit être accordé à M. Bernard pour souscrire une nouvelle assurance présentant un niveau de garanties équivalent à celui exigé par le prêteur. Ce délai de régularisation est protecteur de l'emprunteur et s'impose à la banque avant toute déchéance.

Cas pratique n° 9 – Défaut d'assurance et résiliation du prêt

Contexte : M. Bernard a obtenu un prêt immobilier pour l'achat de sa résidence principale. Deux ans après, il résilie son assurance emprunteur sans avoir préalablement souscrit une nouvelle couverture, créant une période de vacance assurantielle.

Question 4 – Recours en cas de déchéance du terme

Si la banque prononce néanmoins la déchéance du terme, M. Bernard dispose des recours suivants :

•Saisine du médiateur bancaire : voie amiable préalable, rapide et gratuite.

•Action en justice devant le Tribunal judiciaire pour contester la régularité de la procédure (absence de mise en demeure, délai insuffisant, disproportion de la sanction).

•Demande de délais de grâce au juge en application de l'article 1343-5 du Code civil.

Cas pratique n° 10 – Clauses abusives dans un contrat de prêt

Contexte : Les époux Garcia ont souscrit un prêt immobilier auprès de la Banque du Sud. Le contrat contient quatre clauses litigieuses.

 

Question 1 – Validité de chaque clause

Clause 1 – Interdiction de tout remboursement anticipé pendant 10 ans

Clause illégale. Le droit au remboursement anticipé est d'ordre public en droit de la consommation (article L. 313-47 du Code de la consommation). Toute clause contractuelle y dérogeant est réputée non écrite.

Cas pratique n° 10 – Clauses abusives dans un contrat de prêt

Contexte : Les époux Garcia ont souscrit un prêt immobilier auprès de la Banque du Sud. Le contrat contient quatre clauses litigieuses.

 

Question 1 – Validité de chaque clause

Clause 2 – Frais de dossier annuels de 150 €

Clause potentiellement abusive. Des frais de dossier sont en principe licites s'ils correspondent à une prestation réelle et identifiée. En revanche, des frais annuels récurrents sans contrepartie nouvelle constituent un déséquilibre significatif au détriment du consommateur et peuvent être qualifiés d'abusifs au sens de l'article L. 212-1 du Code de la consommation.

Cas pratique n° 10 – Clauses abusives dans un contrat de prêt

Contexte : Les époux Garcia ont souscrit un prêt immobilier auprès de la Banque du Sud. Le contrat contient quatre clauses litigieuses.

 

Question 1 – Validité de chaque clause

Clause 3 – Modification unilatérale du taux par la banque

Clause manifestement abusive. Elle confère à la banque un avantage excessif en lui permettant de modifier un élément essentiel du contrat, sans encadrement précis ni possibilité pour l'emprunteur de s'y opposer. Elle crée un déséquilibre significatif entre les parties et tombe sous le coup de la liste noire des clauses abusives.

Cas pratique n° 10 – Clauses abusives dans un contrat de prêt

Contexte : Les époux Garcia ont souscrit un prêt immobilier auprès de la Banque du Sud. Le contrat contient quatre clauses litigieuses.

 

Question 1 – Validité de chaque clause

Clause 4 – Domiciliation obligatoire des revenus sans limite de durée

Clause illégale. Depuis la loi Sapin II (2015), une clause de domiciliation des revenus ne peut être imposée pour une durée supérieure à dix ans, et seulement si elle est assortie d'une contrepartie individualisée pour l'emprunteur (réduction de taux, absence de frais, etc.). Une clause permanente et sans contrepartie est nulle.

Cas pratique n° 10 – Clauses abusives dans un contrat de prêt

Contexte : Les époux Garcia ont souscrit un prêt immobilier auprès de la Banque du Sud. Le contrat contient quatre clauses litigieuses.

 

Question 2 – Conséquences de l'annulation d'une clause abusive

La sanction est le réputé non écrit : la clause est écartée du contrat comme si elle n'avait jamais existé. Le reste du contrat de prêt demeure valide et s'exécute sans la clause supprimée, sauf si celle-ci était si déterminante que le contrat ne peut subsister sans elle (ce qui est rare en matière de prêt immobilier).

Cas pratique n° 10 – Clauses abusives dans un contrat de prêt

Contexte : Les époux Garcia ont souscrit un prêt immobilier auprès de la Banque du Sud. Le contrat contient quatre clauses litigieuses.

 

Question 3 – Responsabilité du notaire

La responsabilité du notaire est susceptible d'être engagée à des degrés variables selon la nature de la clause :

•Clauses manifestement illégales (interdiction de remboursement anticipé, domiciliation permanente) : le notaire, en authentifiant l'acte sans alerter les parties, manque à son devoir de conseil et engage sa responsabilité professionnelle.

•Clauses potentiellement abusives (frais annuels, modification de taux) : la responsabilité est moins certaine, mais le notaire a une obligation de mettre en garde les parties contre les clauses déséquilibrées qu'il ne peut ignorer.

Cas pratique n° 10 – Clauses abusives dans un contrat de prêt

Contexte : Les époux Garcia ont souscrit un prêt immobilier auprès de la Banque du Sud. Le contrat contient quatre clauses litigieuses.

 

Question 4 – Voies de recours des époux Garcia

•Action individuelle devant le Tribunal judiciaire pour obtenir la nullité des clauses abusives et, le cas échéant, des dommages et intérêts.

•Action collective : une association de consommateurs agréée peut agir en suppression des clauses abusives sur le fondement de l'article L. 621-8 du Code de la consommation.

•Médiation bancaire : recours amiable préalable recommandé.

•Signalement à l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) pour les pratiques systématiques contraires à la réglementation.

Lernen